La gazette de Charleroi, Samedi 20 septembre 2003

Châtelet

L’adolescente de 16 ans a été retrouvée morte jeudi dans un étang

Jeune fille sauvagement lacérée

 

Son corps était lacéré d’une vingtaine de coups de couteau.

 

FREDERIC DUBOIS

 

Un meurtre horrible, l’oeuvre d’un pervers. Jeudi, vers 17 heures, un pêcheur septuagénaire se baladait dans les bols de Châtelet, aux abords de la rue de la Justice, à l’écart de toute habitation. Cette zone boisée, accessible en voiture par trois petits chemins de terre et parsemée de plusieurs petits étangs, fait habituellement le bonheur des promeneurs et autres joggeurs.

Mais depuis jeudi soir, le site est affublé d’une réputation macabre. C’est dans les eaux vaseuses de l’un de ces petits points d’eau que le pêcheur a repéré le corps d’une jeune fille. L’homme a immédiatement prévenu les forces de l’ordre qui sont descendues en masse sur les lieux. Une fois les enquêteurs sur place, le cadavre a pu être ramené sur la berge. En partie déshabillée et ligotée, l’adolescente portait les traces d’une vingtaine de coups de couteau sur le corps, preuve de l’acharnement de l’assassin.

Rapidement, les enquêteurs ont fait le lien avec une disparition inquiétante, signalée quelques heures plus tôt par la mère de Kimberley Mengeot, une jeune fille de 16 ans, domiciliée à Châtelet, dans l’impasse de la Cour d’Ormont. L’adolescente n’avait plus donné de signes de vie depuis mercredi midi, heure à laquelle elle avait quitté son domicile à pied pour aller chercher sa petite soeur de 7 ans à l’école. Depuis, la famille angoissée n’avait plus de nouvelles. Et après les vérifications nécessaires, les forces de l’ordre ont bien été obligées d’annoncer l’horri­ble nouvelle aux parents de la victime.

Christophe, le frère aîné de Kimberley, policier stagiaire, était vendredi dans l’état que l’on peut imaginer. Le jeune homme ne tarissait pas d’éloges sur sa petite soeur: « C’était une jeune et jolie jeune fille, souriante et gentille, une lumineuse présence pour ceux qui la fréquentaient ».

 

 

CHATELET ARRESTATION

La gazette, Lundi 22 septembre 2003 

Le meurtrier de Kimberley en aveu

 

Sébastien Giavarini, 18 ans, est passé aux aveux. Mais ses explications sontelles crédibles ?

 

 

L’enquête sur l’atroce mise à mort de Kimberley Mengeot a pris un tour définitif dimanche matin avec l’interpellation d’un suspect. Sébastien Giavarini, 18 ans tout juste, est en aveux d’avoir tué l’adolescente de Châtelet. Il explique son geste comme étant la conséquence d’une querelle d’amoureux... Mais les proches de la jeune fille disent qu’il n’était pas un ami de la victime. Les détails de sa version des faits devaient encore être passés au crible des questions des enquêteurs du SJA, hier après-midi. Sébastien Giavarini a d'ores et déjà été privé de liberté, jusqu’à son audition par le Juge d’instruction, prévue ce lundi matin.

 

La version de Giavarini est, selon la Police, peu crédible. Kimberley aurait accepter de le suivre pour avoir des relations sexuelles. Elle l'aurait ensuite menacé de le dénoncer pour viol. Il l'aurait battu, puis poignardé et enfin ligotée pour la transporter dans le coffre de sa voiture.

Kimberley n'avait jusqu'ici jamais manqué à sa charge envers sa petite soeur. Celle-ci l'a attendu en vain jusqu'à 16 heures à l'école. Pourquoi Kimberley n’est-elle pas allée chercher sa petite sœur comme convenu ? Pourquoi avait-elle les pieds et les mains attachés quand on a retrouvé son corps dans l’étang ? Pourquoi Giavarini avait-il un couteau pour la rencontrer ? Où est l’arme du crime ? Pourquoi des taches de sang dans la voiture? Où les faits ont-ils réellement été commis ? Sébastien Giavarini était-il seul, ou accompagné ? Autant de questions qui mériteront une réponse argumentée.

 

La gazette, mardi 23 septembre 2003 

Le meurtrier de Kimberley inculpé pour assassinat

Sébastien Giavarini a été inculpé pour assassinat. La préméditation de son acte semble établie.

C'est un assassinat barbare, précédé d'un viol et accompagné de tortures.

 

On n'ose s'imaginer ce que la jeune fille a enduré. C'est un véritable calvaire qu'ont pu reconstituer les enquêteurs du SJA. Le meurtrier ne semble éprouver aucun remords.

L'assassin semble avoir préparé son coup en volant une voiture quelques jours auparavant. Il s'est posté sur le chemin de l'école et il a attiré la jeune fille dans la voiture en lui proposant de la déposer, après lui avoir rendu 15 Euros qu'elle lui avait prêté.

Le piège était imparable car, depuis un an, il apparaissait de temps en temps dans les groupes de jeunes de Châtelet, endormant les méfiances. Il n'était donc pas un inconnu pour Kimberley, dont le caractère confiant et avenant était connu.

Ses motivations sont à établir. Beaucoup d'indices font penser à l'acte d'un psychopathe en quête de domination.

 

Charleroi, mercredi 24 septembre 2003

Châtelet

Kimberley: plusieurs centaines de personnes venues l'accompagner jusqu'à sa dernière demeure.

C'est une foule impressionnante -plus de 600 personnes pour un matin de semaine- qui s'est réunie devant le Funérarium Henin à Châtelet. Dans un silence de deux heures, le défilé s'est poursuivi, devant le cercueil blanc, fermé. L'image de la pureté bafouée.

Après la cérémonie, des ballons blancs ont été lâchés dans le ciel, triste souvenir de la marche blanche qui, en 1995, avait fait descendre la Belgique dans les rues en l'honneur des enfants martyrisés. Depuis, les barbares continuent de sortir de prison, au bout de 10 ou 20 ans...

Au cimetière de Bouffioux, le silence s'est prolongé tandis que quatre fourgons de fleurs et couronnes étaient déchargés. Sur le cercueil, un enfant de cinq ans a déposé, pour Kimberley, son doudou.

 

Charleroi, samedi 27 septembre 2003

Châtelet

   Kimberley: une marche blanche organisée par ses amis.

Le mot d'ordre aux hommes politiques: protégez nos enfants.

Plus de 2000 personnes,  1000 roses blanches déposées sur sa tombe, un lâché de 500 ballons blancs dans un ciel de la même couleur. Voilà, en quelques mots, la réalité de cette marche blanche. Elle mesure à peine l'émotion ressentie après l'exécution barbare d'une jeune fille que chacun ressent comme si elle était sienne.